Les chances de l’Angleterre en Coupe du Monde évaluées alors qu’elle est classée troisième favorite derrière l’Espagne et la France – Between the Lines

La Coupe du monde est enfin à nos portes. Serait-ce l’année de l’Angleterre ?

Le supercalculateur d’Opta, basé sur 10 000 simulations et prenant en compte un large éventail de données, place l’équipe de Thomas Tuchel comme troisième favori, avec 10,9 % de chances de remporter le trophée.

L’Espagne, championne d’Europe, est considérée comme la favorite, avec 15,9 pour cent de chances de succès, tandis que la France est deuxième avec 13,2 pour cent. L’Argentine, le Portugal, le Brésil et l’Allemagne, tenants du titre, complètent le top sept. L’Écosse, quant à elle, n’a que 0,3 pour cent de chances, même si elle devrait au moins atteindre les huitièmes de finale.

Alors, les 10,9 % de chances de l’Angleterre de remporter le tournoi pour la première fois depuis 1966 sont-elles un calcul juste ? Et quelles sont leurs chances par rapport à celles de l’Espagne et de la France ?

Qui a le parcours le plus difficile ?

Un facteur à considérer est le parcours possible de chaque équipe vers la finale.

Si le tournoi se déroule selon les prédictions du supercalculateur Opta, l’Angleterre occupera la tête du groupe L, devant la Croatie, le Ghana et le Panama, puis affrontera le Sénégal en huitièmes de finale, avant d’affronter le Mexique, co-hôte, en huitièmes de finale.

Jusqu’ici, tout va bien. Après cela, cependant, cela devient beaucoup plus difficile pour les hommes de Tuchel, avec le Brésil, quintuple vainqueur, en quarts de finale, l’Argentine, tenante du titre, en demi-finale, puis l’Espagne en finale, Opta prédisant la défaite contre les favoris du tournoi.

Comment cet itinéraire se compare-t-il à ceux des autres favoris ?

De l’autre côté du tirage au sort, l’Espagne devrait terminer en tête du groupe H, qui comprend l’Uruguay, l’Arabie saoudite et le Cap-Vert, puis affronter l’Autriche en huitièmes de finale, les Pays-Bas en huitièmes de finale, la Belgique en quarts et la France en demi-finale avant la finale contre l’Angleterre, qu’elle devrait remporter.

La France, deuxième favorite, devrait quant à elle prendre la tête d’un Groupe I délicat devant la Norvège, le Sénégal et l’Irak. Le supercalculateur d’Opta indique qu’ils affronteront ensuite la Suède, la Colombie et l’Allemagne avant de s’incliner face à l’Espagne en quart de finale.

Parmi ces trois parcours à élimination directe, celui de l’Angleterre est le plus difficile. Leurs adversaires ont un classement FIFA moyen de huit, contre une moyenne de 8,8 pour l’Espagne et de 15,8 pour la France.

Qui a le plus de qualité ?

Une chose que les trois favoris ont en commun est un haut niveau de force en profondeur. Ils bénéficient également d’une forte concentration de joueurs évoluant dans les ligues les plus compétitives.

L’Angleterre arrive en effet en tête en termes de classement Opta Power moyen des clubs de ses joueurs, devant la France en deuxième position. L’Espagne, favorite, se classe quatrième derrière l’Allemagne.

La présence de l’Angleterre en tête de liste s’explique par le fait que 20 de ses 26 joueurs évoluent en Premier League, qu’Opta considère comme la ligue la plus forte au monde.

La valeur de transfert est un autre indicateur important de la qualité des joueurs, et c’est la France qui arrive en tête à cet égard. Selon Marché de transfertleur équipe vaut la somme énorme de 1,33 milliard de livres sterling.

L’équipe d’Angleterre est la deuxième plus précieuse du tournoi, avec 1,14 milliard de livres sterling, tandis que celle d’Espagne est la troisième, avec 1,1 milliard de livres sterling. Il y a donc un grand écart avec le Portugal, dont l’équipe est la quatrième la plus précieuse, selon Marché de transfertà 889 millions de livres sterling.

La France compte trois des joueurs les plus précieux du tournoi : les attaquants Kylian Mbappe, Michael Olise et Desire Doue. L’atout le plus précieux de l’Espagne est Lamine Yamal, bien que Pedri figure également dans le top 10. Le seul joueur anglais dans le top 10 est Jude Bellingham.

L’Angleterre et la France comptent des joueurs vedettes en forme, à savoir Harry Kane, qui a marqué 61 buts pour le Bayern Munich la saison dernière, et son coéquipier en club Olise, qui a poursuivi sa forme nationale exceptionnelle avec un triplé lors de la victoire de son pays contre l’Irlande du Nord. Yamal, l’homme principal de l’Espagne, n’a quant à lui pas joué depuis avril en raison d’une blessure.

Luis de la Fuente comptera sur son retour au sommet de sa forme, mais l’incertitude autour de son état est un problème potentiel.

Le point idéal de l’âge ?

L’Angleterre, l’Espagne et la France ont toutes sélectionné des équipes relativement jeunes.

L’âge moyen de l’Espagne, 26,2 ans, en fait l’une des équipes les plus jeunes du tournoi, tandis que l’Angleterre et la France ne sont pas loin derrière avec 26,6 ans. Le Brésil et l’Argentine, en revanche, ont sélectionné des équipes nettement plus âgées, avec respectivement 28,8 et 28,7.

L’Angleterre, l’Espagne et la France espèrent que leur énergie juvénile les aidera à affronter les conditions chaudes et humides du tournoi. Pendant ce temps, l’histoire montre que les équipes gagnantes de la Coupe du monde sont généralement plus jeunes.

Comme le montre le graphique ci-dessous, tous les 14 vainqueurs de la compétition depuis la Coupe du monde 1970, sauf quatre, avaient des équipes de départ avec une moyenne d’âge de moins de 28 ans.

Bien entendu, l’expérience est également importante. L’Espagne a-t-elle trop fait pencher la balance en faveur de la jeunesse ? Seules deux équipes, la France en 2018 et l’Argentine en 1978, ont remporté la Coupe du monde avec une moyenne d’âge de départ inférieure à 26,2 ans depuis 1970.

Désavantage de voyage pour l’Angleterre ?

Ayez une pensée pour Curaçao.

La plus petite nation à avoir jamais participé à une Coupe du monde l’affronte déjà dans un groupe comprenant l’Allemagne, l’Équateur et la Côte d’Ivoire, mais elle doit également parcourir 10 123 km pour ses matchs.

L’Angleterre doit également faire face à de nombreux déplacements pendant la phase de groupes avec des matchs à Boston, New York et Dallas, tous loin de sa base de Kansas City, ce qui signifie qu’elle parcourra une distance totale de 8 948 km, ce qui la classe au quatrième rang de toutes les nations en compétition au tournoi.

La France, en revanche, bénéficiera de relativement peu de déplacements, couvrant seulement 1 518 km, ses matchs se déroulant tous sur la côte est des États-Unis à New York, Philadelphie et Boston, ce qui pourrait faciliter la reprise et accroître la fraîcheur par rapport à l’Angleterre.

L’Espagne s’en sort également légèrement par rapport à l’Angleterre, les champions d’Europe devant parcourir 5 464 km au cours de la phase de groupes.

Les conditions pourraient-elles convenir aux équipes sud-américaines ?

Même si Opta considère l’Espagne, la France et l’Angleterre comme ses favoris, il convient de noter que les nations européennes ne s’en tirent pas bien dans les tournois organisés dans les Amériques.

En fait, sur les huit Coupes du monde organisées dans les Amériques, les seuls champions européens sont l’Allemagne, qui a triomphé au Brésil en 2014.

Les sept autres tournois ont été remportés par des équipes sud-américaines, en partie parce qu’elles sont mieux acclimatées aux conditions. Alors, ce facteur pourrait-il donner un avantage au Brésil ou à l’Argentine ? Ou une équipe comme l’Angleterre pourrait-elle suivre l’exemple de l’Allemagne et défier l’histoire ?

Verdict : tâche difficile pour l’Angleterre

L’Angleterre possède sans aucun doute l’une des meilleures équipes du tournoi, mais elle devra surmonter de nombreux obstacles si elle veut tenir la distance, notamment un parcours potentiellement difficile jusqu’aux huitièmes de finale, un programme de voyage épuisant et une lutte contre des conditions météorologiques inconnues.